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Messages leboncoin : la méthode issue de 10 000 conversations de vendeurs auto

Thomas Forget 7 min de lecture Mis à jour le
Messages leboncoin : la méthode issue de 10 000 conversations de vendeurs auto

Le lundi matin, avant même d’avoir ouvert le premier capot, vous ouvrez leboncoin. Quatorze messages en attente depuis vendredi soir. Une heure et demie plus tard, vous avez répondu à tout le monde. Et sur ces quatorze contacts, plusieurs ont déjà acheté ailleurs.

Pas parce que votre véhicule était moins bien présenté, ni parce que votre prix était moins bon. Parce qu’un autre vendeur a répondu samedi à 18 h.

Nous avons travaillé ce sujet avec plus de 100 vendeurs automobiles partout en France, sur une base de plus de 10 000 messages reçus. Ce que ces échanges montrent est plus simple, et plus embêtant, que ce qu’on imagine : ce n’est pas que les vendeurs répondent mal, c’est qu’ils réécrivent chaque jour, depuis des années, les mêmes réponses aux mêmes questions.

Le vrai coût d’une matinée de rattrapage

Quand on demande à un vendeur combien de temps il consacre à ses messages, la réponse tombe rarement juste. Le temps de réponse ne se compte pas en minutes passées à écrire : il se compte en nombre de fois où vous décrochez de ce que vous étiez en train de faire.

Vous êtes avec un client en showroom, vous répondez entre deux essais, vous reprenez le fil d’une conversation entamée l’avant-veille dont vous ne vous souvenez plus. Chaque reprise coûte, et chaque reprise abîme un peu la qualité de la réponse.

Le coût réel se joue à trois endroits :

  • Le délai. Un message reçu le samedi soir et traité le lundi matin arrive après la décision de l’acheteur, pas avant. C’est ce que montre la mesure des quinze premières minutes.
  • La répétition. Écrire quarante fois par semaine une variante de la même phrase, c’est du temps que personne ne facture.
  • L’irrégularité. Le lundi, vous répondez vite et court parce que la pile est haute. Le jeudi, vous prenez le temps. L’acheteur, lui, ne voit qu’une chose : la réponse qu’il a reçue.

Ce troisième point est le plus coûteux dans une équipe. Deux vendeurs du même point de vente ne répondent pas la même chose au même message, et personne ne s’en aperçoit, parce que ces conversations ne sont jamais relues.

100 vendeurs, 10 000 messages : ce que montrent ces messages

En regardant les messages reçus par ces vendeurs, la même chose revient tout le temps : les demandes se rangent presque toujours dans quatre familles.

  1. La disponibilité - « Toujours disponible ? »
  2. La mise en favori sans message - l’annonce est enregistrée, comparée, suivie. Et personne n’écrit.
  3. La négociation - « C’est votre dernier prix ? », posée avant même d’avoir vu le véhicule.
  4. La demande d’informations - l’entretien, la distribution, l’historique, la reprise, le financement.

Quatre familles. Des milliers de messages. Et à chaque fois, une réponse rédigée de zéro.

C’est de ce constat qu’est née la méthode : si les demandes sont prévisibles, les réponses peuvent l’être aussi. Non pas pour répondre de façon automatique, mais pour ne plus avoir à réfléchir à la formulation, et garder son énergie pour ce qui compte - décrocher le rendez-vous.

La disponibilité : confirmer sans clore

C’est le message le plus fréquent, et celui qu’on traite le plus mal - précisément parce qu’il paraît facile.

« Bonjour, votre annonce m’intéresse, est-elle toujours disponible ? » « Oui, toujours disponible. »

La réponse est exacte, polie, rapide. Et elle met fin à la conversation. L’acheteur a obtenu son information, il n’a aucune raison d’écrire un mot de plus. Vous, vous n’avez ni son numéro, ni un créneau, ni la moindre idée de son projet.

Ce que dit vraiment ce message, ce n’est pas « est-elle disponible ». C’est « est-ce que ça vaut le coup que je m’y intéresse ». Il attend un signal, pas une réponse de guichet.

Ce qui change tout : confirmer, ajouter une raison concrète de se déplacer, proposer un créneau précis. Trois éléments, trois lignes. « Oui » ne fait que le premier.

Un créneau précis vaut mieux qu’une invitation ouverte. « Passez quand vous voulez » demande à l’acheteur de fournir l’effort de décider ; « demain 14 h ou jeudi 17 h, qu’est-ce qui vous arrange ? » lui demande seulement de choisir.

La mise en favori sans message : un intérêt qui ne se transforme pas tout seul

Une annonce peut accumuler les mises en favori sans produire un seul message. L’acheteur l’enregistre, la compare, y revient - et n’écrit rien. Beaucoup de vendeurs ne comptent que les messages reçus, et en concluent que l’annonce ne prend pas.

C’est mal lire le signal. Mettre une annonce de côté, c’est déjà avoir fait le tri. Ces acheteurs-là ne découvrent plus le marché, ils sont en train de se décider. Mais rien, dans l’annonce, ne leur donne de raison de franchir le pas maintenant.

Quand l’un d’eux finit par écrire, des jours plus tard, le réflexe est de traiter son message comme un premier contact. C’est l’inverse : il connaît l’annonce par cœur et n’attend pas d’information supplémentaire. Il attend une raison d’agir tout de suite - un créneau d’essai, une reprise à évaluer, un point qu’il n’a pas pu vérifier sur les photos. C’est la logique du tempo de relance : ce qui fait bouger un contact, ce n’est pas la fréquence, c’est le motif.

Un intérêt qui dure n’est pas une vente qui vient. C’est une vente qui attend qu’on la provoque.

La négociation : le prix arrive toujours trop tôt

« C’est votre dernier prix ? » - souvent le premier message, avant toute visite, avant toute question technique.

Deux réactions habituelles, qui coûtent aussi cher toutes les deux. Céder tout de suite, et négocier ensuite depuis une position affaiblie. Ou se braquer - « prix non négociable » - et perdre un acheteur qui, lui, testait simplement le terrain.

Une demande de remise envoyée avant la visite n’est pas une négociation. C’est une prise d’information. L’acheteur veut savoir à qui il a affaire, et si la discussion est possible.

Le principe : ne jamais négocier un prix sur une voiture que le client n’a pas vue. Non par posture, mais parce que la valeur ne se défend pas par écrit. Elle se défend devant le véhicule, avec le carnet, l’historique et l’état réel sous les yeux. Répondre à une demande de remise consiste donc à reconnaître la question, à poser le cadre, et à ramener la discussion là où elle peut se tenir : au rendez-vous.

Les demandes d’informations : répondre sans perdre le fil

L’entretien, la courroie de distribution, le nombre de propriétaires, la garantie, la reprise, le financement. Ces messages sont légitimes, souvent précis, et c’est là que le temps part le plus vite : chaque réponse est un petit dossier.

Deux pièges. Le premier : répondre partiellement, ce qui déclenche une deuxième question, puis une troisième, et une conversation qui s’étire sur trois jours sans jamais aboutir à un rendez-vous. Le second : répondre trop, dans un pavé que personne ne lit et qui remplace la visite au lieu de la préparer.

La bonne mesure consiste à répondre complètement à ce qui est demandé, puis à rattacher la réponse à quelque chose qui ne peut se vérifier que sur place. L’information écrite doit donner envie de venir constater, jamais dispenser de le faire.

Une demande de reprise mérite un traitement à part : elle indique un acheteur qui a déjà projeté son changement de véhicule. Une estimation par écrit, sans avoir vu la voiture, vous engage sur un chiffre que vous devrez corriger ensuite - la pire façon d’entamer une relation.

La réponse en trois temps

Les quatre familles se traitent avec la même trame. C’est ce qui rend la méthode tenable sur une page.

  1. Confirmer - répondez à la question posée, franchement, en une phrase. Un acheteur qui sent qu’on esquive s’arrête là.
  2. Ajouter - donnez un élément concret qu’il n’a pas : un point de l’historique, une garantie, une disponibilité, un détail vérifiable sur place.
  3. Proposer - terminez toujours par un créneau précis ou une question fermée. Une réponse qui se termine sans proposition laisse à l’acheteur la charge de la relance.

Cette trame n’invente rien : c’est ce que font naturellement les vendeurs qui transforment le mieux. La méthode ne fait que la rendre explicite, pour qu’elle ne dépende plus de la fatigue du vendredi soir.

Les 10 réponses types sont l’application directe de ces trois temps aux quatre familles de demandes. Elles s’écrivent une fois, s’adaptent à votre façon de parler, et se réutilisent ensuite indéfiniment.

Standardiser sans robotiser

C’est l’objection qu’on entend systématiquement : « si tout le monde répond pareil, ça se voit, et ça sonne faux ».

Elle serait juste si l’on standardisait les mots. Ce qu’il faut standardiser, ce sont les décisions : sous quel délai on répond, ce qu’on ne traite jamais par écrit, comment on termine un message. Le vocabulaire, lui, reste celui du vendeur.

Concrètement, dans une équipe ou un réseau :

  • Fixez un délai commun, y compris le week-end, et une règle claire pour l’absence - un message pris en charge par un autre vaut mieux qu’un message parfait envoyé lundi.
  • Partagez les 10 réponses types, et demandez à chaque vendeur de les réécrire dans ses mots. Une réponse qu’on n’a pas réécrite, on ne l’utilise pas.
  • Relisez les conversations une fois par mois. C’est le seul moyen de voir ce que les acheteurs reçoivent réellement.
  • Ne mettez pas vos services en avant dans le premier message. Financement, garantie, reprise : ces arguments comptent, mais après le rendez-vous, pas avant.

Un vendeur formé à cette méthode ne répond pas plus vite parce qu’il tape plus vite. Il répond plus vite parce qu’il n’a plus à décider quoi écrire.

Par où commencer dès demain matin

Vous n’avez besoin d’aucun logiciel, d’aucun abonnement et d’aucun budget pour appliquer ce qui précède. Trois actions suffisent pour la première semaine.

  1. Relisez vos vingt derniers messages envoyés. Comptez ceux qui se sont terminés par un contact téléphonique avec l’acheteur. Le résultat vous dira où vous perdez vos rendez-vous.
  2. Rédigez vos quatre réponses de base - disponibilité, favori qui finit par écrire, négociation, demande d’informations - en appliquant les trois temps. Gardez-les dans les notes de votre téléphone.
  3. Fixez-vous un créneau de réponse le samedi, même court. C’est là que se joue l’écart avec les vendeurs qui attendent le lundi.

Recevoir la méthode

La fiche méthode tient sur une page, et les 10 réponses types sont prêtes à être copiées, collées et adaptées à votre façon de parler.

FAQ

Ce que vous vous posez sûrement

Une heure pour rédiger ses réponses types, puis quelques jours pour prendre le pli. La méthode est utilisable dès le lendemain matin, sans outil ni budget.

Non. La méthode a été conçue pour fonctionner avec ce que le vendeur a déjà : son téléphone et l'application leboncoin. Un outil devient utile plus tard, quand il s'agit de répondre le soir et le week-end sans astreinte.

Pas si elles sont réécrites avec les mots du vendeur. On ne standardise pas le ton, on standardise les décisions : le délai de réponse, ce qu'on ne traite jamais par écrit, la façon de conclure un message.

C'est là que le gain est le plus visible. L'enjeu d'une équipe n'est pas la qualité moyenne des réponses, c'est leur écart. Un cadre commun réduit cet écart sans uniformiser les personnalités.

Le samedi après-midi et le dimanche soir concentrent une part importante des messages. Être disponible en continu n'est pas nécessaire, mais un créneau court le samedi change le résultat.

Les quatre familles de demandes se retrouvent partout, avec des formulations différentes. La méthode a été construite à partir de messages leboncoin, mais rien n'y est propre à leboncoin.

La disponibilité (« toujours disponible ? »), la mise en favori sans message, la négociation (« c'est votre dernier prix ? ») et la demande d'informations (entretien, distribution, historique, reprise, financement).

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